Nul ne sait depuis combien de siècles l'homme navigue. Tous les conquérants, tous les aventuriers, tous les équipages ont sillonné les grandes étendues avec la nécessité de rencontrer un PILOTE. Les hauts fonds, les chenaux doivent être bien connus si vous désirez une navigation maîtrisée. Un petit rappel historique s'impose.

C'était avant...

Il y a bien longtemps, par de là les millénaires, que nous allons sur les océans. Les récifs, les brisants sont autant de pièges pour la navigation. Afin d'arriver à bon port les capitaines durent et doivent encore s'appuyer sur les PILOTES. Certes les anciens n'employaient pas ce terme, mais la fonction finalisait les mêmes besoins, les mêmes devoirs, les mêmes aptitudes. La méthode seule diffère. Les PAYSES avec des petits bateaux aidaient les vaisseaux à gagner les quais. Routés ainsi les commandants s'assuraient une sécurité maximum. Ce sont les pêcheurs qui à leurs risques et périls (les erreurs entrainaient de sérieuses rétorsions) accompagnaient, le plus souvent ces voiliers ou autres vapeurs. Le savoir faire se transmettait de père à fils sur la mer : les chenaux, les hauts-fonds, les repères, les mouvements des eaux n'avaient pas de secret pour eux. Bien avant Colbert le mot PILOTAGE sera utilisé. Cependant les premières règles viennent de lui. De toute façon jusqu'en 1920 les pilotes formaient une profession TRÈS ARTISANALE. Chacun scrutait l'horizon, puis avec l'aide d'un miroir et même d' un feu de bois signalait à ses PECHOUS la présence d'un nouvel arrivant plein de fret ou venant pour chargement. Ensuite c'était la ruée, l'abordage, la montée par l'échelle de corde, les conseils de routage, le lamanage (arrimage des haussières sur les bittes des quais). L'entretien de ces voies d'accès leur était dévolu.

C'était hier...

Jean-François LE BOITE : Sa petite fille Yolande va nous séduire. Il a commencé à l'ancienne puis a intégré la station du quai de l'OUEST (notre quai Commandant Malbert). Emotions assurées.
Emile PETTON : Sa fille Annie nous fascine. Ce père chouchouté suit la génération de JF Le Boité. Autre vision du pilotage. Un destin à part et soi-disant premier maire du port !! J'ai donc un prédécesseur ?
Jean- Jacques LE BORGNE : C'est aujourd'hui ! L'entretien est détendu mais réfléchi. Je vais d'étonnement en étonnement. Croire savoir et.... connaître ce n'est pas la même chose.

Trois témoignages... Trois personnages...


Yolande nous raconte de l'extraordinaire. Son grand-père a marqué les esprits par son sang-froid, son intuition, son culot. De son nom : Jean-François LE BOITE. Baroudeur de la mer d'Iroise, comme d'autres pêcheurs du Conquet, il scrute avec sa famille l'horizon afin d'être le découvreur du cargo venant livrer sur Brest. Puis il va intégrer une unité dite PILOTAGE, Quai de L'Ouest (devenu Quai de la Santé, puis Commandant Malbert).


Très passionnée et émue elle s'appuie sur les documents d'époque. L'index pointe l'écrit pour lui permettre de cibler les meilleurs souvenirs. Il est vrai qu'elle a le choix vu l'amplitude fonctionnelle de l'aïeul. Par flots surgissent les détails, souvent cocasses, sur les particularités de ce métier vers 1900/1914. Pêcheur > Pilote > Lamaneur > Sauveteur en mer ! Les iliens et ceux du continent se faisaient des concurrences assez mordantes : par sémaphores interposés, par maquillages, par signaux et autres astuces ils se leurraient afin d'être sur place en patron...


Par ici, la deuxième partie de ce billet

Merci à toi Yolande pour tes archives. Merci à la station de pilotage pour ces photos extraordinaires. Merci aux Archives Municipales de Brest. Clin d'œil à Michel Seven. Les textes et diverses photos sont d'Yffic Honoré Gardien Maire du Portde. Le printemps nous salue en ce 2 avril 2008...