Si le PORT m'était conté (épisode 2)
Par Yffic Dornic le 30 janvier 2008, 22:27 - Mémoires - Lien permanent
Les infos arrivent à la pelle. De braves collectionneurs complètent mes recherches. Photos privées, cartes rarissimes, documents de famille, livres anciens décryptent "Portde". Ecoutons les fantastiques rappels émotionnels de nos anciens ! Et dire que je pensais connaître ce sacré village d'en bas. Profitez de cette manne. Le DIAPORAMA présente un formidable regard sur PORTDE.
Ce billet est la suite de l'épisode 1 à consulter par ici.
Monuments disparus, transformés... Quais et forme de radoub bombardés, reconstruits... Usines et gare marchandise rayées, déplacées... Tant de mutations ont remodelé l'aspect du site. Imaginons la stupéfaction de nos anciens... au cas ils nous reviendraient ! En 35 années, de présence ici, j'ai moi-même ressenti comme un peu d'affolement. Les repères mutent sans discontinuer.
Il a 88 ans. En 1933 il débute sa carrière sur le port... Son témoignage est une rétrospective portant sur des dizaines d'années. Ouvrons le livre de ses souvenirs et apprenons que le charbon s'amoncelait afin de ravitailler les locomotives à vapeur. Eh les anciens... vous vous souvenez lorsque nous partions en COLO dans les trains ? Malheur à ceux qui ouvrant les vitres des compartiments (vers l'extérieur !) avaient droit à la ou les petites poussières dans l'œil. Hum, hum çà irritait et nous énervait.. en vain. Auguste MEVEL remémore ce temps là...



Yves ELLEOUET a tout connu ici : un métier et l'amour. Brillant apprenti il devient un OS de la réparation navale. Très en verve, il jalonne sa vie active de succulents souvenirs. La masse laborieuse crachait bien dans les mains afin d'œuvrer sur les chantiers. Puis secouriste du travail, puis ami de MARCHADOUR le syndicaliste, puis avec le cosmonaute Pavel POPOVITCH... Voilà quand même un sacré parcours !


Ses premiers navires ? Des chalutiers que les allemands avaient armé de canons et que le chantier naval dut remettre à la pêche en y ajoutant des chambres froides. Compagnon à 17 ans il passât 40 années sur les "Liberty Ship" afin de les remodeler puis sur les pétroliers et même sur le porte-avion Clémenceau (en l'[arsenal] cette fois par le fait de sous-traitance entre la Marine Nationale et son employeur). Avant de continuer voici un petit morceau d'anthologie : " Au début de mon apprentissage nous avions des tickets de rationnement afin de manger au restaurant (en ruines). Nous autres, les jeunes, recevions comme les compagnons un bon de vin... l'on ne buvait pas et l'échangions contre le bon de pain des aînés. Tout le monde y trouvait son compte... surtout la mère bien heureuse d'avoir un plus pour ses mômes. Puis une chose que je n'oublierai jamais... le passe plat avec la soupe dessus. Il se passait sur la table et était suivi de cafards; ceux placés dans l'espèce de toiture tombaient parfois dans la gamelle toute chaude. Personne n'y prêtait attention et l'on continuait de manger.. C'était comme çà !".


Cette épisode 2 se termine : un autre va s'ouvrir toute aussi prenant. Photos à droits réservés : merci aux archives municipales, à Mrs Goulven Legall, Jean-Claude Meudec, Yves Elleouët, René Cadalen et auteurs anomymes. Les vues modernes, les textes et les interviews sont d'Yffic maire du PORTDE. Fait le 17 janvier 2008.
Commentaires
Bel article, belle tranches de vies...
Merci de partager tout ça avec nous...
Je vais parfois aux Archives de la Marine, et mon passage au port de commerce ravive de vieux souvenirs.
Ma grand mère a tenu "les coopérateurs" rue Blaveau jusqu'en 1939.. Mon frère est né dans l'appartement au-dessus du magasin et mes parents avaient un pied à terre 38 quai de la douane, là où se trouvait ce que l'on appelait "l'entrée percée" puisque l'on pouvait traverser les immeubles et je joindre l'autre rue.
J'ai connu aussi la chapelle et je l'ai vu en ruines avec seulement un saint debout. Je ne connaissais pas le don de Mme Delagarde dont je connais celui de Ponchelet et son tombeau au cimetière St Martin. J'ye suis allée à l'école en maternelle.
J'ai joué entre les barriques entreposées sur les quais et j'y ai vu l'embarquement des fraises pour l'Angleterre.
Le charbon aussi que l'on ramassait lorsqu'il tombait des camions.
Ma mère et ses soeurs sont nées "rue du chemin de fer", mon grand père travaillait à la chambre de commerce.
J'ai quitté le port en avril 41, j'avais 8 ans et tout était en ruines lorsque je suis revenue.
Merci de faire revivre tout cela.
Cet énorme message mérite une définition plus mémorielle car nous arrivons dans une trame fantastique du vécu à portde. Une rencontre est , à mes yeux, une nécessité pour que nos futures générations sachent l'historique des anciennes formulations de vie dans ce village d'en bas. Alors.. d'accord?
Merci de répondre à cet appel. Yves Dornic
J'ai été heureuse d'écouter mon oncle & parrain Yvon Elleouet qui a commencé son apprentissage en même temps que mon père Tintin ,43 ans au port ,sont devenus amis puis beaux frères Bravo et je suis épatée par sa mémoire, et vous n'en avez qu'un amuse bouche le reste vaut son pesant d'or il faut savoir abuser de la mémoire de ces gens là car nous ne le retrouverons pas dans les livres, Bravo pour le site je ne me lasse jamais de ces histoires de vie qui font l'histoire
Bonjour Elisa,
Donc tu peux , sans doute, apporter des éléments nouveaux en présence de ton parrain et de Martial son fils? Des photos sont les bienvenues si elles affèrent au travail ou a une ambiance in portuaire de Tintin ton père et Yves . Alors?
Et bravo pour l'info. Yffic GMP.